jeudi, février 01, 2007

Un potentiel sous-exploité

Par Nathalie Elgrably, pour le Journal de Québec et le Journal de Montréal.

La pauvreté relative du Québec est impossible à nier tant les preuves sont accablantes. Non seulement notre revenu par habitant est-il l'un des plus faibles en Amérique du Nord, nous avons aussi un taux de chômage systématiquement supérieur à la moyenne canadienne, notre dette publique est la plus importante au Canada et nous avons le plus grand nombre d'assistés sociaux. Il n'y pas là de quoi pavoiser!

Alors que le Québec fait piètre figure sur le plan économique, l'Alberta arrive en tête du peloton avec une croissance enviable de 7% en 2006. Évidemment, l'Alberta possède du pétrole. C'est l'explication qu'on nous sert inlassablement sur toutes les tribunes. Autrement dit, l'Alberta est riche grâce à ses sables bitumeux, tandis que le Québec est pauvre à cause… à cause de quoi au juste? De l'absence de pétrole? D'un mauvais tour du destin?

Que la présence de pétrole contribue à la prospérité de l'Alberta est incontestable. Toutefois, le pétrole n'explique pas tout. Des pays comme la Suisse, le Japon, le Luxembourg et Hong Kong ne disposent ni de pétrole ni de ressources naturelles, pourtant ils sont parmi les plus riches de la planète. En revanche, le Niger a vu son niveau de vie diminuer de moitié au cours des quarante dernières années et ce, malgré la présence abondante d'énergie fossile. Ce qui compte, ce n'est pas tant de posséder une ressource que de savoir en tirer profit.

Le Québec produit de l'hydroélectricité. Non seulement cette ressource est-elle propre et renouvelable, mais elle est fortement en demande, notamment par nos voisins du sud. Mais au lieu de tirer avantage de cette richesse en la vendant à sa valeur sur le marché, nous maintenons une tarification artificiellement basse et nous nous indignons dès que quiconque suggère d'en hausser le prix, car il s'agit de notre ressource «collective». Pendant ce temps, l'Alberta fait parvenir à ses contribuables des «chèques de prospérité» à Noël! Alors cessons les jérémiades, car nous ne sommes pas les victimes innocentes de la mauvaise fortune. Le Québec jouit d'un potentiel énorme qui pourrait facilement rivaliser avec le pétrole albertain, mais nous avons tout simplement choisi de ne pas l'exploiter.

FOUTAISE!

On nous dit que les bas tarifs d'électricité sont une manifestation de notre solidarité. Foutaise! On s'en doute, les ménages à faible revenu sont de petits consommateurs d'électricité, vu la petitesse de leur logement et le nombre limité d'appareils domestiques qu'ils possèdent. On pourrait parfaitement déterminer une consommation d'électricité que l'on qualifierait «de base» et qui couvrirait tous les besoins essentiels.

Ces premiers x milliers de kilowattheures pourraient être attribués gratuitement, alors que la consommation supplémentaire serait vendue au prix du marché. Comme leur consommation d'électricité est modeste, les plus démunis n'auraient alors rien à débourser. N'est-ce pas une belle preuve de solidarité? Mais de grâce, laissons HQ hausser ses tarifs! Ainsi, non seulement nous arrêterions de subventionner les familles riches pour leur consommation extravagante, mais nous pourrions augmenter nos exportations d'électricité vers les États-unis et ainsi enrichir la province.

En économie, la fatalité n'existe pas. Nous sommes responsables de notre sort. Nous pourrions être une province riche si nous exploitions notre potentiel intelligemment.

Au lieu de cela, nous nous obstinons à maintenir le gel des tarifs d'électricité et à encourager le gaspillage de cette précieuse ressource.

Il ne faut donc pas se surprendre de voir nos gouvernements aller mendier à Ottawa des montants de péréquation et entretenir une mentalité de dépendant. Et cessons de jalouser l'Alberta: après tout, n'est-ce pas cette province qui finance en grande partie ces fonds que nous recevons?

samedi, janvier 27, 2007

Pourquoi lire la Bible?

Je me rappelle avoir fait cet exercice l'année dernière, avant que mon blog ne crash et que j'en perde tous les billets que j'avais posté...

Dans ma boîte se trouvait aujourd'hui un petit pamphlet religieux. Même si je suis totalement athée, je prends toujours le temps d'en lire les premiers paragraphes, parfois même la totalité, pour rire. Alors, dans l'espoir de vous faire rire aussi, voici le contenu du premier paragraphe:

LA BIBLE se distingue de tout autre livre. Elle contient en effet une instruction empreinte d'amour venant de Dieu. (1 Thessaloniciens 2:13) Si vous mettez en pratique ce que la Bible enseigne, vous en retirerez de grands bienfaits. Votre amour pour Dieu grandira et vous vous sentirez plus proche de lui, de qui vient "tout beau don et tout présent parfait" (Jacques 1:17) Vous apprendrez à vous approcher de lui grâce à la prière. En période d'épreuves, vous pourrez ressentir son aide. Enfin, si vous conformez votre vie aux normes fixées dans la Bible, Dieu vous accordera la vie éternelle. -- Romains 6:23.

ha ha ha !!!

vendredi, janvier 26, 2007

Cotes d'écoutes possibles?

Dans un article dont j'ai perdu l'adresse web, Canöe nous apprenait que l'émission "Le Banquier" avait atteint la très bonne cote d'écoute de plus de 1.9 millions de téléspectateurs.

Aujourd'hui, durant son émission "Le Monde Parallèle", Jeff Fillion faisait état des meilleures cotes d'écoutes américaines. Les émissions américaines les plus écoutées se situent dans le 15-16 millions de téléspectateurs. La 20ième émission du top 20 réussissait à attirer plus de 12 millions de téléspectateurs.

La version américaine "Deal or No Deal", sur laquelle "Le Banquier" est basée, pour ne pas dire copiée, ne figure pas dans ce top 20. Donc, pour faire un bref estimé, Jeff a amené le nombre à 10 millions, ce qui fait du sens quant à moi.

La question qu'on se pose est: "Comment est-ce que la même émission, en plus cheap, peut réussir à faire asseoir 25% de la population québécoise devant la télévision, à la même heure, au même poste, alors qu'aux États-Unis, seulement 3.5% de cette population s'y est intéressée?" Et si on enlève les anglophones et autres communautés qui ne s'intéressent pas aux émissions francophones, le 25% grimpe à près de 30%.

Il y a quelques mois, Jeff parlait de ces cotes d'écoutes faramineuses au Québec et les remettait en question. C'est alors que quelques auditeurs ont appelé ou envoyé un message MSN et ont fait état d'une bizarre de coïncidence: ces auditeurs qui se sont vu retirer le bidule par la compagnie de sondage n'écoutaient pas d'émissions québécoises francophones, ils étaient plus du genre à écouter CSI, 24 ou The Sopranos, en version originale anglaise...

Ça vaut ce que ça vaut, pure démagogie certains pourraient dire. Ce fou furieux des ondes ne sait sûrement pas de quoi il parle... Pourtant, plusieurs de ses prévisions datant de plusieurs années, au sujet des médias, ce sont avérées exactes, même si on le traitait de fou à l'époque.

jeudi, janvier 25, 2007

Rendement boursier

Je n'y connais rien en marchés boursiers. Je suis de ceux qui ne sont pas game d'investir un seul sou même dans les actions d'une compagnie comme Google.

Aujourd'hui, j'ai reçu mon relevé trimestriel de mon REER Standard Life auquel mon employeur et moi cotisons à chaque semaine. Je cotise 6% de ma paie brut, et mon employeur 3%, ce qui donne 9%. Les résultats sont incroyables! Dans un seul trimestre, mon compte a fructifié de plus de 600$!!!

Mon REER n'est composé que de 10% de montants garantis et de 20% de revenus fixes. La balance des 70% est composée d'actions. Si mon cela a tant fructifié, c'est sans doute grâce au fort pourcentage d'actions présent dans la configuration du compte.

Donc, si on suit la logique, il semble que les marchés boursiers sont favorables! Je devrais peut-être penser investir un petit 1000$ pour en faire le double vite fait!!

dimanche, janvier 21, 2007

Pensée

Les accomodements accordés en fonction de différences religieuses ne sont pas obligatoirement tous déraisonnables. Donc, en se sens, il est possible de promouvoir la différence religieuse tout en mettant une limite aux accomodements qui y sont associés.

jeudi, janvier 18, 2007

Contrer le gaspillage

On nous dit souvent qu'il ne faut pas gaspiller. On nous dit qu'il faut faire attention à notre consommation.

L'année passée, il y avait une annonce à la télévision qui parlait du "Défi une tonne". La pub encourageait le téléspectateur à faire de légers changements dans ses habitudes de consommation d'énergie afin qu'au bout d'une année, il ait fait en sorte qu'il dégage une tonne de moins d'émission de gaz à effets de serre. Personnellement, j'approuvais ce programme mis de l'avant par le gouvernement. J'avais fait le test sur le site web, j'avais un peu de travail à faire pour réduire de une tonne mes émissions de GES.

Dans le calcul, on tenait compte de l'électricité et du chauffage. On tenait aussi compte du nombre de brassées de linge que je lavais et séchais chaque semaine. Jusqu'à ce point!!! Je me demande toujours en quoi l'utilisation d'électricité émet des GES??? Quelqu'un peut-il m'expliquer? Y a-t-il un "vert" dans la salle qui peut m'expliquer le phénomène?

Reste que si le gouvernement me demande à moi de faire un effort, peut-être pourrait-il avant tout regarder autour de lui et il verrait qu'il y a un gaspillage fou d'électricité. Prenons par exemple lorsqu'on arrive à Québec, juste avant de traverser le Pont, qu'y a-t-il de différent? Des lumières, plein de lumières. Je suis curieux de savoir combien de kilowatt-heures ces lumières consomment.

Je crois savoir que ces lampadaires sont là pour éclairer les autoroutes et boulevards à proximité. Mais qu'est-ce qui circule sur ces autoroutes? N'est-ce pas des voitures? C'est voitures ne sont-elles pas équipées de phares pour éclairer? Si ma voiture a des phares pour améliorer ma vision, pourquoi autant de lampadaires?

Ne serait-il pas possible de ne mettre que le deux tiers des lampadaires le long de toutes les autoroutes du Québec? Combien de GES serait moins émis? Combien cela coûterait-il en moins aux municipalités et en coûts d'exploitation et de maintenance?

Je viens de faire sauver plusieurs millions de dollars aux municipalités, argent qui sera réinvesti dans le transport en commun, simplement en rappelant à nos chers dirigeants que les voitures sont munies de phares.

vendredi, janvier 12, 2007

De vraies questions!

Par Nathalie Elgrably, pour le Journal de Québec et le Journal de Montréal.

Pour la première fois depuis fort longtemps, j'ai pris une résolution du Nouvel An. Je suis fermement décidée à essayer de comprendre tout ce qui m'a échappé, voire carrément dépassée, au cours de la dernière année. La tâche s'annonce titanesque, mais je pense que l'exercice en vaudra la peine!

D'abord, l'un des savants concepteurs du nouveau bulletin scolaire pourrait-il m'expliquer clairement ce que signifie «construire sa conscience citoyenne à l'échelle planétaire»? Et comment cela s'enseigne-t-il?

Comment se fait-il qu'on nous demande d'être toujours plus solidaires alors que nous travaillons du 1er janvier au 27 juin uniquement pour payer nos impôts? N'est-ce pas de la «solidarité» que de donner près de 50% de son revenu à l'État? Sinon, quel pourcentage faut-il?

Si la hausse du salaire minimum aide les travailleurs au bas de l'échelle, n'est-il pas alors mesquin d'annoncer une maigre augmentation de 25 cents l'heure? Ne pourrions-nous pas totalement éradiquer la pauvreté en portant le salaire minimum à 15 $ l'heure?

Je me demande également pourquoi tant de gens s'évertuent à préserver notre système de santé actuel. Être solidaire implique-t-il qu'on laisse des gens mourir sur des listes d'attente alors qu'ils pourraient être sauvés si des cliniques privées avaient le droit de les soigner?

Un digne représentant des bien-pensants pourrait-il m'expliquer pourquoi ils dénoncent les salaires des PDG alors qu'ils restent muets face aux montants mirobolants empochés par certains artistes? Les Rolling Stones ont pourtant gagné 437 millions pour les 113 concerts donnés lors de leur récente tournée, ce qui constitue une somme deux fois plus élevée que le salaire annuel versé au PDG le mieux payé au monde! J'essaie de comprendre, mais I can't get no…

Et comment peut-on prétendre que les garderies à 7 $ aident les démunis quand les calculs des fiscalistes montrent que ce sont surtout les familles aisées qui profitent du système, tandis que les ménages disposant d'un revenu inférieur à 50 000 $ subissent des pertes? Les mesures «progressistes» visent-elles donc à prendre aux pauvres pour donner aux riches?

POURQUOI?

J'aimerais également qu'on m'explique pourquoi les services publics se dégradent alors que le fardeau fiscal des Québécois ne cesse d'augmenter et que nous sommes les contribuables les plus imposés en Amérique du Nord.

Si le monopole de la SAQ permet effectivement d'obtenir une plus large sélection à meilleur prix, qu'attendons-nous pour nationaliser les supermarchés?

En matière de finances publiques, je trouve étrange que la dette québécoise augmente chaque année alors que le ministre des Finances affirme que le budget est équilibré. M. Audet pourrait-il m'aider à résoudre ce mystère?

Quant à l'environnement, pourquoi s'acharne-t-on sur celui qui déclare être incapable de respecter les objectifs de Kyoto alors qu'on est bien indulgent envers celui qui annonce son intention de se conformer au protocole mais qui n'en fait rien?

Il y a aussi l'énigme Wal-Mart. Comment réconcilier le fait que les stationnements soient toujours pleins alors que tout le monde prétend détester ce magasin et ne jamais y mettre les pieds?

Finalement, pourquoi me reproche-t-on de défendre les entreprises alors que je suis l'une des rares à dénoncer les subventions corporatives, les protections tarifaires, les monopoles, les offices de commercialisation, les prix de soutien, etc. Pourquoi ne reproche-t-on pas aux syndicats d'être dans la poche des entrepreneurs? Après tout, ce sont eux qui réclament à l'État de verser des subventions et d'imposer des tarifs douaniers afin d'aider les entreprises en difficulté et autres brebis galeuses!

Poser de vraies questions est facile. Écouter de vraies réponses, voilà le défi!